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Ostéopathe Montpellier Sud

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Les bénéfices du «peau à peau»

Le contact physique favorise l'attachement des parents et le développement du bébé à long terme.

 

Chrystelle n'est pas devenue mère le jour où son fils est né par césarienne, à 32 semaines d'aménorrhée, mais quelques jours plus tard, grâce à l'aide d'une infirmière. «Quand je regardais ce petit être dans sa couveuse, je n'arrivais pas à me dire que c'était mon enfant», se souvient-elle. La soignante lui propose alors de prendre le nouveau-né sur elle, peau contre peau. Bien calée dans un fauteuil, Chrystelle sent son bébé se blottir contre elle et se relaxer. Elle peut épier sa respiration, le moindre mouvement de ses doigts. «C'est comme ça que je me suis mise à l'aimer.»

 

Le «peau à peau», instauré pour favoriser le lien entre la mère et son bébé, est désormais presque banal dans les services de néonatologie. Une étude publiée dans la revue Biological Psychiatry montre aujourd'hui que ce soin distille ses bienfaits bien au-delà des premiers mois de vie. Des chercheurs de l'Université Bar Ilan, en Israël, ont en effet observé son impact positif chez des enfants âgés de dix ans. Ceux-ci présentent de meilleures capacités d'apprentissage, un sommeil mieux organisé et une meilleure réponse au stress.

 

Expérimentée dans les années 1970 en Colombie, où les couveuses faisaient cruellement défaut, la méthode du «kangourou care» s'est progressivement imposée dans les pays occidentaux. «On s'est rendu compte que cette technique réduisait le risque d'apnées et de bradycardies, mais aussi que la stabilité du sommeil et de la température corporelle du bébé était améliorée», souligne le Dr Véronique Pierrat (1), néonatologue à l'hôpital de Lille. Avec ce contact physique quotidien, pendant une à quelques heures par jour, l'anxiété maternelle diminue, la production de lait augmente.

 

Les chercheurs israéliens se sont intéressés au devenir de ces bébés. Ils ont suivi pendant dix ans quelque 150 grands prématurés, dont la moitié avait bénéficié d'un peau à peau, une heure par jour pendant 14 jours, tandis que les autres étaient restés en couveuse. Au bout de six mois, les scientifiques ont constaté que les mères du groupe «kangourou» étaient plus sensibles aux besoins de leur bébé et manifestaient un comportement plus maternel. Leurs enfants, testés à sept reprises pendant dix ans, montraient quant à eux de meilleures capacités cognitives et de réalisation des taches complexes, telles que lire ou écrire - des domaines dans lesquels les enfants prématurés ont parfois des difficultés.

 

«On peut imaginer l'ampleur des bénéfices si cette méthode est mise en œuvre de façon plus intense que dans l'étude», commente le Pr Jacques Sizun (2), pédiatre et chef de service de néonatologie au CHU de Brest. «Ces résultats étayent notre demande de voir cette prise en charge proposée dans tous les services de manière harmonisée, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui», note la présidente de l'association SOS Prema, Charlotte Bouvard. Pour les spécialistes, la formation des équipes médicales est cruciale pour lever d'éventuelles réticences concernant la sécurité des nourrissons. Cela nécessite aussi des moyens matériels afin que les services soient en mesure d'accueillir cet échange mère enfant confortablement, et dans l'intimité.

Actualité ajoutée le 02/01/2020