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Névralgie pudendale : comprendre et traiter vos douleurs de hanche et périnée

un coureur dans les causses de Millau
Névralgie pudendale : comprendre et traiter vos douleurs de hanche et périnée
Catégorie : Sport santé prévention

En tant qu'ostéopathe et trailleur passionné par la biomécanique du coureur, je rencontre fréquemment des patients coureurs qui me consultent après avoir développé des douleurs de hanche, du périnée ou une gêne profonde associée à leur pratique de la course à pied. Ces douleurs peuvent être parfois liées à une névralgie pudendale, une pathologie encore mal connue mais pourtant bien documentée dans la littérature médicale.

Qu'est-ce que la névralgie pudendale ?

La névralgie pudendale est une douleur neuropathique chronique due à l'irritation ou à la compression du nerf pudendal (anciennement appelé “nerf honteux”), responsable de l’innervation sensitive et motrice de la région périnéale. Elle se manifeste par des douleurs brûlantes, des sensations d’électricité ou de fourmillements dans le périnée, l’anus ou la région génitale, souvent aggravées en position assise et parfois après un effort physique prolongé et intense. 

Les zones de compression les plus fréquentes sont :

  • la pince ligamentaire entre le ligament sacro-épineux et le ligament sacro-tubéral
  • le canal d'Alcock, où le nerf traverse l'aponévrose du muscle obturateur interne
  • parfois sous le muscle piriforme ou les structures musculo-ligamentaires environnantes. 

 

Pourquoi un coureur trail peut développer cette douleur

La course à pied, et encore plus le trail, impose des contraintes répétées sur le bassin et les structures pelviennes :

  • Les impacts répétés sur le sol sollicitent fortement les muscles stabilisateurs du bassin, pouvant entraîner des déséquilibres de tension qui perturbent la mécanique du nerf pudendal.
  • La participation accrue des muscles profonds du pelvis et des rotateurs de la hanche dans les descentes et les dévers peut favoriser des zones de compression nerveuse mécaniques.
  • Les contraintes biomécaniques associées peuvent participer à déclencher ou à aggraver un phénomène déjà latent de compression nerveuse.

Même si la littérature scientifique ne décrit pas spécifiquement un « syndrome de pudendal chez le coureur » de manière isolée, les mécanismes d'irritation ou d’enclavement nerveux par compression mécanique sont bien décrits dans les syndromes canalaires périphériques (similaires au syndrome du canal carpien), où la répétition des microtraumatismes peut favoriser une névralgie.

 

Diagnostic et critères reconnus

Le diagnostic se base avant tout sur l’anamnèse et l'examen clinique, en s'appuyant sur des critères cliniques bien établis qui incluent :

  1. La localisation de la douleur dans le territoire anatomique du nerf pudendal ;
  2. L’aggravation de la douleur en position assise ;
  3. Aggravation (chez le coureur) de la sensation douloureuse de l'hémi-bassin à un effort intense et amélioration avec le repos prolongé ;
  4. Douleur des adducteurs et de l'hémi-périnée lors des mouvements d'abduction du membre inférieur homolatéral.
  5. L'absence de déficit neurologique moteur ou sensitif net ; 

Des examens complémentaires comme l'imagerie peuvent parfois aider, mais leur rôle reste limité au diagnostic de premier recours. 

 

Approche ostéopathique : comprendre la cause, pas seulement le symptôme

En ostéopathie, ma priorité est de rechercher et traiter les causes mécaniques qui favorisent la compression nerveuse plutôt que seulement diminuer la douleur. Le nerf pudendal est extrêmement sensible aux contraintes mécaniques chroniques ou répétées.

Lors d'un bilan, j’explore notamment :

  • la mobilité des articulations du bassin (sacro-iliaques, sacrum, pubis) ;
  • les tensions myofasciales des muscles profonds (obturateur interne, piriforme, muscles plancher pelvien) ;
  • les déséquilibres posturaux qui peuvent créer des zones de tension ou de sur-sollicitation ;
  • les adaptations biomécaniques liées à la technique de course.

Les techniques manuelles ostéopathiques visent à restaurer une meilleure mobilité articulaire, réduire les tensions musculaires et myofasciales, et améliorer la dynamique du bassin, réduisant ainsi la compression nerveuse et facilitant la circulation du nerf pudendal sur son trajet. 

 

En complément : conseils de pratique et prévention

L'ostéopathie ne remplace pas une préparation ou une rééducation sportive, mais elle peut efficacement compléter une prise en charge globale. Selon le cas, je peux proposer :

  • des conseils personnalisés sur la cadence, la technique de foulée ou le choix des surfaces ;
  • des recommandations de renforcement ciblé des stabilisateurs du bassin ;
  • des suggestions de récupération active ou des modifications d’entraînement pour réduire les contraintes sur le nerf.

 

Si vous ressentez des douleurs de hanche ou périnéales associées à votre pratique de trail running, ne les ignorez pas. Une névralgie pudendale peut être une cause sous-estimée, même chez les sportifs, et une prise en charge ostéopathique complète — associée à une compréhension biomécanique — peut faire la différence pour améliorer votre confort, votre performance et prévenir la chronicisation.

Dans ma pratique d’ostéopathe et trailleur à Montpellier, notamment dans le secteur Port Marianne – Bassin Jacques-Cœur, j’accompagne régulièrement des coureurs en recherche de réponses!

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